Interview de François Maudhuit, président du Trial Club d’Entrecasteaux.

avril 5th, 2007 by Oliv'
Le Trial d’Entrecasteaux, comptant pour le championnat de ligue de Provence, fête cette année son 20ème anniversaire. Peu d’épreuves régionales ont connu une telle longévité ! J’ai donc posé quelques questions au président du Trial Club d’Entrecasteaux, François Maudhuit.

medium_IMG_7581.jpgOlivier : Bon, d’abord, raconte-nous un peu ton parcours côté moto…
François Maudhuit : J’ai commencé le trial à l’âge de 14 ans. A l’époque on avait le droit de conduire un deux roues motorisé à 14 ans, alors j’ai acheté une moto de trial pour ne pas faire comme les autres. Puis j’ai vu rouler les trialistes plus anciens de Draguignan, j’ai voulu faire pareil qu’eux et finalement, je suis venu au trial comme ça. Ensuite, je suis entré au Moto-Club du Dragon, à Draguignan. De 1986 à 1991, ce moto-club a organisé des trials à Entrecasteaux. Puis le moto-club a capoté, et les trialistes de Draguignan ont créé le Trial Club d’Entrecasteaux. Le créateur c’était un jeune d’ici, Alain Giraud, qui avait 19 ans à l’époque. Il est resté président de 1991 à 2000. Il a dû arrêter en 2000 pour raisons professionnelles, et comme j’étais son bras droit, je suis devenu Président à mon tour.
O : Cette année, ce sont les 20 ans du Trial d’Entrecasteaux. Qu’est-ce que ça change pour l’organisation ?
FM : Pour les autorisations, au niveau du village, des propriétaires, ça ne change rien. Par contre, au niveau du Conseil Général, ils voient que c’est une belle épreuve, qui est pérennisée, et là ça aide.
O : Sur la durée, trouves-tu que c’est plus facile ou plus dur d’organiser cette épreuve ?
FM : C’est plus dur chaque année, mais pas depuis longtemps. C’est surtout depuis 3 ans. On a des problèmes avec l’ONF, la DDE (qui m’ont mis des avis défavorables l’an passé). Cette année, j’ai eu l’autorisation préfectorale, pas d’avis défavorable, mais on sent que petit à petit les autorités nous serrent de plus en plus la vis.
O : Au niveau des dégradations réelles ou supposées engendrées par les motos, comment argumentez-vous auprès de ces organismes ?
FM : Théoriquement, il y a un état des lieux qui est fait par la DDAF, mais depuis 20 ans ils ne sont jamais venus. Moi, j’aimerai bien faire cet état des lieux avec eux, en comparant avant et après. je leur ferai voir des endroits où l’on passe depuis 20 ans et où il n’y a aucune dégradation. par contre, même si ça m’embête de dire ça pour les autres disciplines telles que l’enduro ou le quad, mais depuis 3-4 ans, il y a beaucoup de quad et d’enduros qui ont trouvé nos chemins. Et eux, en 3 ans, ils ont fait des dégâts considérables. Je voudrais donc bien arriver à faire faire la distinction entre les motos de trial et les autres motos aux agents de la DDAF. C’est pareil, les marcheurs croient que ce sont les trialistes qui ont fait ces traces, alors que nous on sait bien que ce n’est pas le cas.
O : Au niveau des habitants et des riverains, rencontres-tu de l’opposition ?
FM : Non, là, tout se passe très bien. Depuis 20 ans, on s’est lié d’amitié avec tout le monde et tout se passe bien.
O : L’épreuve est-elle rentable financièrement pour le Club ?
FM : J’arrive à équilibrer mon budget sans les subventions. Je fais un petit bénéfice grâce aux subventions, et ce petit bénéfice je m’en sers ici pour offrir un pique-nique aux volontaires, aux commissaires, tout ceux qui ont participé de près ou de loin à l’organisation.
O : Quelles sont les retombées pour le village ?
FM : Ça fait marcher le petit commerce lorsqu’il fait beau, et du coup, forcément, ils sont demandeurs.
O : Justement, combien as-tu d’adhérents et sont-ils en nombre suffisant pour aider à l’organisation ?
FM : On a 20 adhérents, mais pour l’organisation, on est 3-4 à travailler sur le terrain. Cette année, en plus, la date tombe mal puisqu’on a dû déplacer notre rendez-vous annuel du mois de mai à cause des élections et du Championnat du monde à Boade. Du coup, il ne restait que le 8 avril, le dimanche de Pâques. Alors pour la première fois on manque de bénévoles et de commissaires. C’est mon plus gros soucis aujourd’hui.
O : Sur le plan purement sportif, le niveau des zones a-t-il beaucoup évolué ?
FM : Comme c’est toujours la même équipe qui trace, on trace toujours un peu de la même façon. Mais en 20 ans le niveau a quand même pas mal évolué. L’évolution du pilotage a suivi l’évolution des motos.
O : Au bout de 20 ans, le public est-il fidèle ou l’épreuve reste-t-elle confidentielle ?
FM : Y’a pas beaucoup de spectateurs qui viennent sur un championnat de ligue. Lorsqu’il fait beau, on a du monde sur les zones près du village, mais c’est pas un déplacement de masse comme sur un championnat de France.

Voilà, je ne peux que souhaiter une belle après-midi ensoleillée le 8 avril prochain à François Maudhuit et à son équipe pour ce 20ème Trial d’Entrecasteaux. En tout cas, vu les quelques zones qu’il nous a montrées au guidon de sa Beta 270, la journée promet d’être chaude dans le Var !

Moto Verte et le bruit

avril 5th, 2007 by Oliv'
Mon premier article commencera par un coup de chapeau (pardon, de casque) à Moto Verte. En effet, les comparos dirigés par Aro ont enfin intégré la donnée essentielle qui manquait dans les essais, à savoir le niveau de bruit (en décibels) des motos.
Lors de mes différents contacts avec Yann Guédard, à l’élection de l’enduro de l’année en 2005 puis sur les essais 500 enduro en 2006, j’avais soulevé le problème de l’absence de mesure de bruit lors des comparatif. Yann avait paru intéressé mais pas vraiment passionné par le sujet.
Un an et une loi Olin plus tard, il semble que les journalistes de MV aient pris la conscience de la nécessité d’inclure ces mesures à leurs comparatifs. Rien que pour ça, ils méritent une - petite - médaille.
Mais il faut aller plus loin : Cette mesure de bruit doit devenir un critère de classement des motos, au même titre que les perfs moteur ou suspension. A l’heure actuelle, il serait suicidaire pour notre sport de mettre en avant (et donc d’aider à vendre) une moto trop bruyante. Certains diront que les chiffres sont très proches, et qu’on n’est pas à deux ou trois décibels près. Mais lorsqu’on sait que 3 décibels d’écart signifient que le bruit perçu est quasiment deux fois plus fort, on comprend mieux l’enjeu de telles mesures ! Qui peut se permettre aujourd’hui de rouler sur une moto deux fois plus bruyante de celle - déjà trop sonore - de son voisin ?
Le seul vrai reproche que nous fait le public c’est le bruit, pas la vitesse ou la dégradation potentielle des chemins.
Laissez-moi vous conter une anecdote à ce sujet. Heureux possesseur d’une GasGas 300, j’étais gêné par les bruits de résonance du pot lorsque, gaz coupés, je croisais des promeneurs. Même avec le casque, ces ping-ping ajoutés au bruit d’échappement faisaient un concert assez désagréable à l’oreille. Suite aux essais MV de l’élection de l’enduro de l’année, j’ai changé ma 300 pour un 125 KTM. J’ai immédiatement constaté avec un grand plaisir que sur le filet de gaz, la moto était extrêmement silencieuse. J’ai remarqué aussi que les promeneurs avaient une toute autre attitude en me croisant. Sans rire, les signes de la main et les grands sourires ne trompaient pas : la moto, moins bruyante que la précédente, les agressait moins. J’ai retenu la leçon, et au moment d’acheter une moto de trial, j’ai éliminé d’office les plus bruyantes. Il me tarde d’ailleurs d’essayer la nouvelle Béta 4T dont il se dit qu’elle serait - à l’inverse de la 2T trop pétaradante - extrêmement silencieuse.
Ma prochaine moto d’enduro se devra d’être encore moins bruyante que ma 125 KTM et ma prochaine trial se devra d’être la plus discrète possible. Mais je crains qu’il ne me faille attendre encore quelque temps pour que les constructeurs proposent des solutions efficaces à ce véritable fléau qu’est le bruit. D’ici là, je reste à l’affût de la moindre annonce à ce sujet (et je mets des sous de côté, car bien sûr, il vont nous facturer la recette miracle au prix fort)…
En attendant, les comparatifs aideront à faire passer le message chez les lecteurs de MV, notamment les plus jeunes. Il faut des commentaires négatifs genre “trop bruyante” au lieu de “pas de protège main”; il faut donner la même importance au bruit qu’aux perfs, et faire preuve de cette même exigence pour toutes les disciplines : cross, enduro et trial, tous souffrent des mêmes maux.
Alors, bravo au staff MV pour cette excellente initiative, mais ne vous arrêtez pas en chemin… il faut qu’on vous entende et que le message passe !

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Bonjour et bienvenue sur le Blog d’Olive

avril 5th, 2007 by Oliv'
Ici, nous parlerons essentiellement de l’actu de la région PACA et il faudra tout lire avec l”assent du sud” comme dans les films de Pagnol !
Ici, c’est le fief de l’ONF, des pistes forestières interdites, de la surpopulation touristique en toutes saisons et des incendies de forêt. C’est des pistes pleines de caillasse, des massifs saturés de maisons avec piscine sur le littoral et des chemins ravinés par les orages (rares mais somptueusement violents). Mais la PACA c’est aussi des centaines de spots et de chemins accessibles grâce à la bienveillance de propriétaires privés, du beau temps presque permanent et des pratiquants d’assez bon niveau : vu le relief escarpé et la météo clémente, les gars s’entraînent souvent et sur du costaud…
Alors on va essayer de vous faire découvrir l’actu du tout-terrain dans la région. Beaucoup d’enduro et de trial, du cross, du rallye, y’en aura pour tous les goûts. L’accent sera mis sur l’info locale, avec des portraits de personnages hauts en couleurs, indépendamment de toute notion de palmarès ou de notoriété. Priorité aux passionnés, si possibles un peu originaux !
Reste le plus difficile dans cet article, me présenter. Rien d’extraordinaire à dire, sinon que je faisais du cross étant jeune, sans talent mais avec application. A l’époque, je roulais en ligue B sur les circuits autour d’Aix-Marseille, avec une préférence pour le circuit sablonneux de Châteauneuf-les-Martigues. Bolley et Vuillemin étaient encore des minots et ils me faisaient des ronds autour avec leur 80 alors que j’étais en 250. Mais dieu que c’était beau de les voir ! Y’avait pas de 4T de cross crédible sur les courses, les enduros c’étaient des CR et des YZ endurisées, on pouvait rouler partout et c’était le bonheur. En 1992, quand JMB arrête le SX, je suis président d’un moto club qui essaye tant bien que mal d’organiser des courses de ligue en cross. 20 ans plus tard, après un intermède assez long constitué de funboard et de VTT, je reprends la moto et je constate tout de suite que le contexte a évolué : ça devient difficile de rouler sans culpabiliser dans le coin ! Mais quand la passion est là, elle permet de surmonter bien des obstacles et avec l’aide d’amis généreux je redécouvre ma région : les circuits de cross rendus plus difficiles par l’évolution technique des motos et des pilotes, je m’oriente vers l’enduro puis le trial. Bien m’en a pris puisque du coup, je pourrai vous faire part de l’actu des 3 disciplines !
Alors, restez en ligne, ça démarre dans quelques jours !
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