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Endurer sur un terrain privé : pour quoi faire ?

Vendredi, avril 27th, 2007
Un peu partout en France, les enduristes se voient proposer l’accès à des sites privés, qui leur offrent, moyennant un droit d’entrée variable, la possibilité de rouler sur un terrain entièrement dédié à la pratique de leur sport favori.

Pour autant, le fait de payer pour rouler, qui plus est dans un espace restreint, semble assez éloigné de l’esprit du randonneur du dimanche. J’ai donc décidé d’aller voir sur place ce que pouvait apporter ce genre de structure à l’enduriste moyen, habitué à rouler dans son coin sur les chemins de sa région. Mon choix s’est porté sur l’espace loisir Boade, le plus près de chez moi. Situé dans les Alpes de Haute-Provence, pas loin de Castellane, l’endroit est isolé et offre un dénivelé important.

Arrivé sur le site, on est accueilli avec gentillesse par le boss himself, le célèbre Patrick Féraud Alias Maya. Omniprésent dans le monde du trial, il ne dira - peut-être - rien à certains enduristes, mais dans ce cas, c’est qu’ils ne lisent pas MOTO VERTE !

Au niveau infrastructure, un atelier de mécanique, un magasin bien fourni et des sanitaires propres donnent déjà un premier argument en faveur du site : en cas de pépin, la journée ne sera pas ruinée, il y aura toujours une pièce de rechange (voire une moto de loc’) pour finir la journée. Autres arguments, pour ceux qui se lassent de nos sempiternels sandwichs écrasés dans le sac à dos, le restaurant qui permet de s’en mettre plein le ventre après en avoir pris plein les bras…

Mais on est là pour rouler et voir si les 100 bornes de voiture pour venir jusqu’ici valent le coup.
Le domaine est balisé de flèches vertes, bleues, rouges et noires pour indiquer le niveau de difficulté des chemins, suivant le principe des pistes de ski. Pour autant, le balisage reste discret (comme sur un enduro) et le pilote roule en pleine nature sans être gêné par des panneaux trop présents.

Le domaine permet de rouler sur de la grosse piste, avec pas mal de dénivelé. Pratique pour des débutants, qui prendront ainsi la mesure du domaine sans se faire peur. Viennent ensuite toutes sortes de chemins, avec de la bonne terre, des racines, des cailloux, des marches, de quoi contenter tout le monde. Les passages en sous bois alternent avec des petits single tracks à flanc de colline, où la vue dégagée oblige à couper les gaz quelques instants pour admirer le panorama. Des séances freeride sont envisageables sur certaines portions : sur des grandes “dunes” de sable noir, on se lance des défis de montée impossible, on envoie des coups de gaz rageurs dans des virages relevés glissants juste ce qu’il faut… trop bon !

Pourtant jusque là, rien de révolutionnaire, me direz-vous. Certes, mais la première différence par rapport à une rando classique c’est qu’on peut repasser à l’envi dans un chemin technique ou particulièrement agréable, sans avoir peur de gêner qui que ce soit. On a ainsi profité de certains enchaînements en sous bois dans lesquels nous sommes repassés 5 fois de suite, créant une sorte de mini spéciale en ligne ma foi fort plaisante.
medium_1.jpgL’autre point fort du site tient à la présence de pas moins de 7 terrains de motocross et de plusieurs spéciales en herbe. Ainsi, au détour d’un chemin, la rando se transforme pour quelques minutes en stage de cross improvisé : on travaille le saut sur une petite table sans danger, on attaque sur les virages de la spéciale… Ma p’tite KTM 125 EXC s’y est régalée et moi avec : défoulement garanti !

Et c’est dans cet esprit que le concept prend tout son sens. Il ne s’agit pas - seulement - de randonner en toute tranquilité, loin des menaces de verbalisation d’agents forestiers zélés, mais bel et bien de se faire un stage sur mesure : franchissements, sauts, virages, orientation, tout le monde y trouvera son compte. Le pilote débutant peut, en repassant sur ses traces, travailler et progresser sur des points précis. le pilote confirmé peut préparer sa saison de ligue en ouvrant en grand sur les chemins, en se chronométrant en spéciale, toutes choses qu’il est souvent difficile voire impossible de faire dans les chemins ouverts à la circulation publique que nous pratiquons habituellement.

Pour toutes ces raisons, l’expérience nous paraît non seulement concluante mais indispensable pour quiconque veut progresser techniquement. Il me semble que chacun aurait tout bénéfice à faire des journées “stages” de ce type plusieurs fois dans l’année pour travailler vitesse et technique. L’inter-saison, mais aussi les périodes d’été (où par chez nous tous les massifs sont fermés) sont des périodes à privilégier. Et quand on vous aura dit qu’à Boade, après l’effort, on peut bronzer autour de la piscine, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas profiter de cet excellent plan !

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