Interview Xavier Mille
A quel âge as-tu commencé le trial ?
J’ai commencé à 8 ans, ça va donc faire 10 ans que je roule en trial.
Cette saison, tu roules dans quelle catégorie ? Avec quels objectifs ?
Je roule en Sénior 1. J’espère rentrer dans le top 5 en fin de championnat. Mais déjà 7-8 serait un bon résultat.
Aujourd’hui, nous sommes à l’espace Loisir Boade, et tu travailles comme mécanicien. Explique-nous comment tu arrives à concilier un travail sommes toutes déjà fatiguant et l’entraînement au niveau S1…
Je passe ma journée à travailler, c’est vrai, et le soir, quand je rentre, je dois aller rouler pour garder mon niveau. Mais quand on voit les autres rouler toute la journée, ça motive aussi, on se dit le soir que c’est à son tour de rouler (rires). Je roule près de chez moi, donc c’est quand même assez facile surtout en ce moment où il fait jour assez tard le soir.
As-tu un programme physique spécial en plus de la moto ou le fait de bosser debout toute la journée te suffit-il ?
Je passe 4 jours à rouler et un ou deux soirs à faire de la préparation physique à la maison, avec de la muscu et du footing.
Tu roules actuellement sur un 2T. Tu n’as donc pas cédé à la mode du 4T ?
Je roule sur un béta 270 2T. L’an dernier je roulais en 4T, et l’an prochain je roulerai peut-être en 4T.
Quel avantage auras-tu à rouler en 4T ?
Des avantages, il n’y en a pas forcément… Déjà, le moteur sera moins puissant que les 2T. C’est surtout pour le plaisir de rouler différemment de ce que je connais déjà.
A ton niveau, est-ce facile de trouver des sponsors ?
Non, c’est très difficile lorsqu’on fait du trial. Les entreprises donnent assez facilement pour le cross, voire l’enduro, mais pour le trial il n’y a rien. Ceux qui donnent sont les petits artisans qui ne gagnent pas grand chose, ils m’aident dans la mesure de leurs moyens. Heureusement qu’il y a le Team Maya Moto et mes parents qui m’aident à côté.
Cette courte entrevue laisse comprendre une chose : les garçons comme Xavier qui évoluent à ce niveau ne sont pas là par hasard. Outre leur talent naturel, ils cachent comme Xavier derrière une gentillesse de tous les instants une vraie rage de réussir dans leur sport. Cette volonté est sûrement la marque des vrais champions… Reste que cela ne doit pas être facile tous les jours, surtout quand les sponsors se font un peu attendre… Espérons que le Championnat du Monde organisé à Boade soit un succès et change l’image du trial au niveau local. Ça aidera peut-être Xavier à se faire connaître…
|
![]() |
Trial GP Mondial : Allez-y en famille !
Le GP est-il une épreuve réservée à un public de spécialiste, ou est-ce un spectacle familial ? La course est-elle compréhensible pour le grand public ? Les zones sont-elles accessibles ? Autant de questions auxquelles Patrick s’est empressé de répondre :
“L’épreuve aura lieu sur le site de Boade. Nous avons créé pour l’occasion un parking de 8000 places, donc il n’y aura aucun problème d’accès. Des navettes seront mises en place pour rejoindre les zones toute la journée. Le circuit est court, il ne fait que 1,48 km, ce qui le rend particulièrement accessible.
Pour que le public profite pleinement du spectacle, les zones sont très proches les unes des autres. Ainsi, on aura 9 zones concentrées sur une distance de 300 mètres. Une famille avec de jeunes enfants peut donc venir sur le GP voir évoluer les meilleurs pilotes mondiaux dans de bonnes conditions.
Il y aura 3 speakers répartis sur le parcours, afin que le public puisse suivre l’évolution de la course. De cette manière, même les non-spécialistes pourront comprendre ce qui se passe.
C’est important que des familles se déplacent sur le GP avec leurs enfants, car avec le championnat junior, ils verront que des jeunes de 16 ans peuvent percer dans ce sport. Ça peut susciter des vocations. Et comme la course a lieu à côté de l’école de trial, les parents sauront qu’on peut encadrer la découverte du sport, ça rassure.”
Le trial a souvent gardé l’image d’un sport de foire, où des motos montent sur de vieilles voitures sorties de la casse locale. Penses-tu que le GP puisse faire évoluer cette image dans le grand public ?
“Il n’y a pas eu de GP dans le sud depuis bien longtemps, et c’est donc un événement très important. Nous avons soigné l’aspect visuel pour que le spectacle soit plaisant. Toutes les zones sont naturelles, et le public passera un week-end en pleine nature avec en plus une compétition des plus relevées. Ce sera un moment magique.”
Les réponses de Maya sont éloquentes, ce grand prix doit être l’occasion de faire découvrir le trial à vos proches, amis ou famille, et redorer l’image de la moto verte, trop souvent diabolisée dans notre région. Alors, les 26 et 27 mai, tous à Boade !

Endurer sur un terrain privé : pour quoi faire ?
Pour autant, le fait de payer pour rouler, qui plus est dans un espace restreint, semble assez éloigné de l’esprit du randonneur du dimanche. J’ai donc décidé d’aller voir sur place ce que pouvait apporter ce genre de structure à l’enduriste moyen, habitué à rouler dans son coin sur les chemins de sa région. Mon choix s’est porté sur l’espace loisir Boade, le plus près de chez moi. Situé dans les Alpes de Haute-Provence, pas loin de Castellane, l’endroit est isolé et offre un dénivelé important.
Arrivé sur le site, on est accueilli avec gentillesse par le boss himself, le célèbre Patrick Féraud Alias Maya. Omniprésent dans le monde du trial, il ne dira - peut-être - rien à certains enduristes, mais dans ce cas, c’est qu’ils ne lisent pas MOTO VERTE !
Au niveau infrastructure, un atelier de mécanique, un magasin bien fourni et des sanitaires propres donnent déjà un premier argument en faveur du site : en cas de pépin, la journée ne sera pas ruinée, il y aura toujours une pièce de rechange (voire une moto de loc’) pour finir la journée. Autres arguments, pour ceux qui se lassent de nos sempiternels sandwichs écrasés dans le sac à dos, le restaurant qui permet de s’en mettre plein le ventre après en avoir pris plein les bras…
Mais on est là pour rouler et voir si les 100 bornes de voiture pour venir jusqu’ici valent le coup.
Le domaine est balisé de flèches vertes, bleues, rouges et noires pour indiquer le niveau de difficulté des chemins, suivant le principe des pistes de ski. Pour autant, le balisage reste discret (comme sur un enduro) et le pilote roule en pleine nature sans être gêné par des panneaux trop présents.
Le domaine permet de rouler sur de la grosse piste, avec pas mal de dénivelé. Pratique pour des débutants, qui prendront ainsi la mesure du domaine sans se faire peur. Viennent ensuite toutes sortes de chemins, avec de la bonne terre, des racines, des cailloux, des marches, de quoi contenter tout le monde. Les passages en sous bois alternent avec des petits single tracks à flanc de colline, où la vue dégagée oblige à couper les gaz quelques instants pour admirer le panorama. Des séances freeride sont envisageables sur certaines portions : sur des grandes “dunes” de sable noir, on se lance des défis de montée impossible, on envoie des coups de gaz rageurs dans des virages relevés glissants juste ce qu’il faut… trop bon !
Pourtant jusque là, rien de révolutionnaire, me direz-vous. Certes, mais la première différence par rapport à une rando classique c’est qu’on peut repasser à l’envi dans un chemin technique ou particulièrement agréable, sans avoir peur de gêner qui que ce soit. On a ainsi profité de certains enchaînements en sous bois dans lesquels nous sommes repassés 5 fois de suite, créant une sorte de mini spéciale en ligne ma foi fort plaisante.
L’autre point fort du site tient à la présence de pas moins de 7 terrains de motocross et de plusieurs spéciales en herbe. Ainsi, au détour d’un chemin, la rando se transforme pour quelques minutes en stage de cross improvisé : on travaille le saut sur une petite table sans danger, on attaque sur les virages de la spéciale… Ma p’tite KTM 125 EXC s’y est régalée et moi avec : défoulement garanti !
Et c’est dans cet esprit que le concept prend tout son sens. Il ne s’agit pas - seulement - de randonner en toute tranquilité, loin des menaces de verbalisation d’agents forestiers zélés, mais bel et bien de se faire un stage sur mesure : franchissements, sauts, virages, orientation, tout le monde y trouvera son compte. Le pilote débutant peut, en repassant sur ses traces, travailler et progresser sur des points précis. le pilote confirmé peut préparer sa saison de ligue en ouvrant en grand sur les chemins, en se chronométrant en spéciale, toutes choses qu’il est souvent difficile voire impossible de faire dans les chemins ouverts à la circulation publique que nous pratiquons habituellement.
Pour toutes ces raisons, l’expérience nous paraît non seulement concluante mais indispensable pour quiconque veut progresser techniquement. Il me semble que chacun aurait tout bénéfice à faire des journées “stages” de ce type plusieurs fois dans l’année pour travailler vitesse et technique. L’inter-saison, mais aussi les périodes d’été (où par chez nous tous les massifs sont fermés) sont des périodes à privilégier. Et quand on vous aura dit qu’à Boade, après l’effort, on peut bronzer autour de la piscine, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas profiter de cet excellent plan !

Randonnez tranquille !
J’y suis allé avec mon Africa Twin, les sacoches et le top case pleins de matos photo.
Contre toute attente, j’ai redécouvert pendant ces 5 jours l’essence de la randonnée en moto. Une liberté de circulation totale, des (petites) routes désertes, des pistes le long des champs ou en sous bois… Car avec une autonomie de 350 km, on peut flâner, chercher les meilleurs points de vue, et s’enquiller des heures de bécane sans se poser de questions.
Alors, bien sûr, on est loin du Shark ou des spéciales d’enduro, mais après tout, ne dit-on pas que le bonheur est dans le pré ?

“Mon trial” d’Entrecasteaux
Les bonnes nouvelles arrivent dès les inscriptions. Après avoir acquitté un droit d’engagement raisonnable (25 euros, soit la moitié du prix d’un enduro), j’ai droit à quelques œufs de pâques en chocolat et à un superbe Tee-Shirt noir aux couleurs du club. Ça commence bien !
9h00, je pars dans les premiers vu que je cours modestement en catégorie promotion. La météo est splendide, il a fait bon, et déjà dans ces conditions, le parcours de liaison d’une quinzaine de kilomètres se révèle enchanteur : traversée de champs fleuris, remontées de p’tits single tracks dans les bois, dénivellés important…Rien que pour la liaison, ça valait le coup de venir !
Mais à force de flâner on arrive dans les zones et là les choses sérieuses commencent. Les premières zones, avec virages en dévers et gros dénivelé sont bien physiques et réchauffent les muscles. Puis, à mi-parcours, les zones changent et la terre meuble disparaît : gros blocs de granit, pierriers, les zones se durcissent et les pieds se font plus nombreux. Qu’importe, on est là avant tout pour progresser !
Au fil des tours et des zones, on sympathise avec les coureurs qui tournent au même rythme. Les bouchons sont quasi inexistants, l’ambiance est décontractée. Les commissaires, équitables et souriants ont un petit mot pour chacun, les promeneurs rencontrés en liaison s’écartent avec bonhomie…Au bout de trois passages, je constate également que les chemins sont à peine marqués. Pourtant, 120 pilotes y sont déjà passés à trois reprises ! Cela explique sûrement le sentiment d’harmonie que l’on ressent dans une journée comme celle-là, où l’on pratique son loisir favori sans gêner qui que ce soit et surtout sans culpabiliser ! A bon entendeur…
De retour au village, où se trouve la zone 12, je jette un oeil au classement et discute avec les autres pilotes. Tous se sont régalés, le niveau de difficulté semble avoir unanimement été apprécié. Malheureusement, je dois rentrer un peu tôt pour m’occuper de mes p’tits bouts à la maison. Je ne verrai pas le podium final. Mais j’ai déjà remercié tous les bénévoles que j’ai croisés à mon dernier passage, et je sais que je reverrai les pilotes à la prochaine épreuve. Merci à tous pour votre bonne humeur et à bientôt !
![]()
Photos : La zone 12 amène le trial dans le village, pour le plaisir du public familial qui profite du soleil et du spectacle gratuit. Dans l’intervalle, les VTT Trial m’ont encore bluffé par leur maîtrise…
Interview de François Maudhuit, président du Trial Club d’Entrecasteaux.
Olivier : Bon, d’abord, raconte-nous un peu ton parcours côté moto…
François Maudhuit : J’ai commencé le trial à l’âge de 14 ans. A l’époque on avait le droit de conduire un deux roues motorisé à 14 ans, alors j’ai acheté une moto de trial pour ne pas faire comme les autres. Puis j’ai vu rouler les trialistes plus anciens de Draguignan, j’ai voulu faire pareil qu’eux et finalement, je suis venu au trial comme ça. Ensuite, je suis entré au Moto-Club du Dragon, à Draguignan. De 1986 à 1991, ce moto-club a organisé des trials à Entrecasteaux. Puis le moto-club a capoté, et les trialistes de Draguignan ont créé le Trial Club d’Entrecasteaux. Le créateur c’était un jeune d’ici, Alain Giraud, qui avait 19 ans à l’époque. Il est resté président de 1991 à 2000. Il a dû arrêter en 2000 pour raisons professionnelles, et comme j’étais son bras droit, je suis devenu Président à mon tour.
O : Cette année, ce sont les 20 ans du Trial d’Entrecasteaux. Qu’est-ce que ça change pour l’organisation ?
FM : Pour les autorisations, au niveau du village, des propriétaires, ça ne change rien. Par contre, au niveau du Conseil Général, ils voient que c’est une belle épreuve, qui est pérennisée, et là ça aide.
O : Sur la durée, trouves-tu que c’est plus facile ou plus dur d’organiser cette épreuve ?
FM : C’est plus dur chaque année, mais pas depuis longtemps. C’est surtout depuis 3 ans. On a des problèmes avec l’ONF, la DDE (qui m’ont mis des avis défavorables l’an passé). Cette année, j’ai eu l’autorisation préfectorale, pas d’avis défavorable, mais on sent que petit à petit les autorités nous serrent de plus en plus la vis.
O : Au niveau des dégradations réelles ou supposées engendrées par les motos, comment argumentez-vous auprès de ces organismes ?
FM : Théoriquement, il y a un état des lieux qui est fait par la DDAF, mais depuis 20 ans ils ne sont jamais venus. Moi, j’aimerai bien faire cet état des lieux avec eux, en comparant avant et après. je leur ferai voir des endroits où l’on passe depuis 20 ans et où il n’y a aucune dégradation. par contre, même si ça m’embête de dire ça pour les autres disciplines telles que l’enduro ou le quad, mais depuis 3-4 ans, il y a beaucoup de quad et d’enduros qui ont trouvé nos chemins. Et eux, en 3 ans, ils ont fait des dégâts considérables. Je voudrais donc bien arriver à faire faire la distinction entre les motos de trial et les autres motos aux agents de la DDAF. C’est pareil, les marcheurs croient que ce sont les trialistes qui ont fait ces traces, alors que nous on sait bien que ce n’est pas le cas.
O : Au niveau des habitants et des riverains, rencontres-tu de l’opposition ?
FM : Non, là, tout se passe très bien. Depuis 20 ans, on s’est lié d’amitié avec tout le monde et tout se passe bien.
O : L’épreuve est-elle rentable financièrement pour le Club ?
FM : J’arrive à équilibrer mon budget sans les subventions. Je fais un petit bénéfice grâce aux subventions, et ce petit bénéfice je m’en sers ici pour offrir un pique-nique aux volontaires, aux commissaires, tout ceux qui ont participé de près ou de loin à l’organisation.
O : Quelles sont les retombées pour le village ?
FM : Ça fait marcher le petit commerce lorsqu’il fait beau, et du coup, forcément, ils sont demandeurs.
O : Justement, combien as-tu d’adhérents et sont-ils en nombre suffisant pour aider à l’organisation ?
FM : On a 20 adhérents, mais pour l’organisation, on est 3-4 à travailler sur le terrain. Cette année, en plus, la date tombe mal puisqu’on a dû déplacer notre rendez-vous annuel du mois de mai à cause des élections et du Championnat du monde à Boade. Du coup, il ne restait que le 8 avril, le dimanche de Pâques. Alors pour la première fois on manque de bénévoles et de commissaires. C’est mon plus gros soucis aujourd’hui.
O : Sur le plan purement sportif, le niveau des zones a-t-il beaucoup évolué ?
FM : Comme c’est toujours la même équipe qui trace, on trace toujours un peu de la même façon. Mais en 20 ans le niveau a quand même pas mal évolué. L’évolution du pilotage a suivi l’évolution des motos.
O : Au bout de 20 ans, le public est-il fidèle ou l’épreuve reste-t-elle confidentielle ?
FM : Y’a pas beaucoup de spectateurs qui viennent sur un championnat de ligue. Lorsqu’il fait beau, on a du monde sur les zones près du village, mais c’est pas un déplacement de masse comme sur un championnat de France.
Voilà, je ne peux que souhaiter une belle après-midi ensoleillée le 8 avril prochain à François Maudhuit et à son équipe pour ce 20ème Trial d’Entrecasteaux. En tout cas, vu les quelques zones qu’il nous a montrées au guidon de sa Beta 270, la journée promet d’être chaude dans le Var !
Moto Verte et le bruit
Lors de mes différents contacts avec Yann Guédard, à l’élection de l’enduro de l’année en 2005 puis sur les essais 500 enduro en 2006, j’avais soulevé le problème de l’absence de mesure de bruit lors des comparatif. Yann avait paru intéressé mais pas vraiment passionné par le sujet.
Un an et une loi Olin plus tard, il semble que les journalistes de MV aient pris la conscience de la nécessité d’inclure ces mesures à leurs comparatifs. Rien que pour ça, ils méritent une - petite - médaille.
Mais il faut aller plus loin : Cette mesure de bruit doit devenir un critère de classement des motos, au même titre que les perfs moteur ou suspension. A l’heure actuelle, il serait suicidaire pour notre sport de mettre en avant (et donc d’aider à vendre) une moto trop bruyante. Certains diront que les chiffres sont très proches, et qu’on n’est pas à deux ou trois décibels près. Mais lorsqu’on sait que 3 décibels d’écart signifient que le bruit perçu est quasiment deux fois plus fort, on comprend mieux l’enjeu de telles mesures ! Qui peut se permettre aujourd’hui de rouler sur une moto deux fois plus bruyante de celle - déjà trop sonore - de son voisin ?
Le seul vrai reproche que nous fait le public c’est le bruit, pas la vitesse ou la dégradation potentielle des chemins.
Laissez-moi vous conter une anecdote à ce sujet. Heureux possesseur d’une GasGas 300, j’étais gêné par les bruits de résonance du pot lorsque, gaz coupés, je croisais des promeneurs. Même avec le casque, ces ping-ping ajoutés au bruit d’échappement faisaient un concert assez désagréable à l’oreille. Suite aux essais MV de l’élection de l’enduro de l’année, j’ai changé ma 300 pour un 125 KTM. J’ai immédiatement constaté avec un grand plaisir que sur le filet de gaz, la moto était extrêmement silencieuse. J’ai remarqué aussi que les promeneurs avaient une toute autre attitude en me croisant. Sans rire, les signes de la main et les grands sourires ne trompaient pas : la moto, moins bruyante que la précédente, les agressait moins. J’ai retenu la leçon, et au moment d’acheter une moto de trial, j’ai éliminé d’office les plus bruyantes. Il me tarde d’ailleurs d’essayer la nouvelle Béta 4T dont il se dit qu’elle serait - à l’inverse de la 2T trop pétaradante - extrêmement silencieuse.
Ma prochaine moto d’enduro se devra d’être encore moins bruyante que ma 125 KTM et ma prochaine trial se devra d’être la plus discrète possible. Mais je crains qu’il ne me faille attendre encore quelque temps pour que les constructeurs proposent des solutions efficaces à ce véritable fléau qu’est le bruit. D’ici là, je reste à l’affût de la moindre annonce à ce sujet (et je mets des sous de côté, car bien sûr, il vont nous facturer la recette miracle au prix fort)…
En attendant, les comparatifs aideront à faire passer le message chez les lecteurs de MV, notamment les plus jeunes. Il faut des commentaires négatifs genre “trop bruyante” au lieu de “pas de protège main”; il faut donner la même importance au bruit qu’aux perfs, et faire preuve de cette même exigence pour toutes les disciplines : cross, enduro et trial, tous souffrent des mêmes maux.
Alors, bravo au staff MV pour cette excellente initiative, mais ne vous arrêtez pas en chemin… il faut qu’on vous entende et que le message passe !
![]()
Bonjour et bienvenue sur le Blog d’Olive
Ici, c’est le fief de l’ONF, des pistes forestières interdites, de la surpopulation touristique en toutes saisons et des incendies de forêt. C’est des pistes pleines de caillasse, des massifs saturés de maisons avec piscine sur le littoral et des chemins ravinés par les orages (rares mais somptueusement violents). Mais la PACA c’est aussi des centaines de spots et de chemins accessibles grâce à la bienveillance de propriétaires privés, du beau temps presque permanent et des pratiquants d’assez bon niveau : vu le relief escarpé et la météo clémente, les gars s’entraînent souvent et sur du costaud…
Alors on va essayer de vous faire découvrir l’actu du tout-terrain dans la région. Beaucoup d’enduro et de trial, du cross, du rallye, y’en aura pour tous les goûts. L’accent sera mis sur l’info locale, avec des portraits de personnages hauts en couleurs, indépendamment de toute notion de palmarès ou de notoriété. Priorité aux passionnés, si possibles un peu originaux !
Reste le plus difficile dans cet article, me présenter. Rien d’extraordinaire à dire, sinon que je faisais du cross étant jeune, sans talent mais avec application. A l’époque, je roulais en ligue B sur les circuits autour d’Aix-Marseille, avec une préférence pour le circuit sablonneux de Châteauneuf-les-Martigues. Bolley et Vuillemin étaient encore des minots et ils me faisaient des ronds autour avec leur 80 alors que j’étais en 250. Mais dieu que c’était beau de les voir ! Y’avait pas de 4T de cross crédible sur les courses, les enduros c’étaient des CR et des YZ endurisées, on pouvait rouler partout et c’était le bonheur. En 1992, quand JMB arrête le SX, je suis président d’un moto club qui essaye tant bien que mal d’organiser des courses de ligue en cross. 20 ans plus tard, après un intermède assez long constitué de funboard et de VTT, je reprends la moto et je constate tout de suite que le contexte a évolué : ça devient difficile de rouler sans culpabiliser dans le coin ! Mais quand la passion est là, elle permet de surmonter bien des obstacles et avec l’aide d’amis généreux je redécouvre ma région : les circuits de cross rendus plus difficiles par l’évolution technique des motos et des pilotes, je m’oriente vers l’enduro puis le trial. Bien m’en a pris puisque du coup, je pourrai vous faire part de l’actu des 3 disciplines !
Alors, restez en ligne, ça démarre dans quelques jours !

